mercredi 16 février 2011
Campagne nationale d’analyse des résidus de médicaments dans les eaux destinées à la consommation humaine - Une étude menée par l'ANSES
Par Laurent Simard, mercredi 16 février 2011 à 10:14 :: General
Pour tenter de répondre aux questions : Les résidus de médicaments sont-ils présents, à l’état de traces, dans les eaux destinées à la consommation humaine et ont-ils un effet sur la santé, la DGS a demandé à l'ANSES de réaliser une enquête nationale sur les résidus médicamenteux dans les eaux de consommation afin d’évaluer leur présence. Ceci a donné lieu à une campagne nationale de prélèvements, dont l'objectif était de disposer de données fiables, nécessaires à l’évaluation des risques et d’anticiper les actions de surveillance. 285 échantillons d’eaux brutes et 285 échantillons correspondants d’eaux traitées ont été analysés. Cette campagne d'échantillonnage couvrait 24% de la population consommatrice d'eau de distribution à l’aide des critères de solubilité, d’effets biologiques et de quantités utilisées. Une première étape effectuée en 2008 a tout d'abord permis d'établir une liste et une hiérarchisation des molécules concernées. Résultats : Parmi la liste de 76 molécules prioritaires établie en 2008, 45 molécules ont pu être dosées avec des limites de quantification allant de 1 à 50 ng/L selon les molécules. La majorité des échantillons ne contient aucune molécule quantifiable et aucune molécule n’a été retrouvée à des niveaux élevés. permettent de résumer les observations suivantes à l’échelle nationale :
- • Concernant les molécules retrouvées dans les eaux traitées :
- Parmi les 45 molécules recherchées, 26 n’ont jamais été retrouvées. Dix-neuf ont été détectées au moins 1 fois, parmi lesquelles 5 étaient présentes à des concentrations trop faibles pour pouvoir être quantifiées
- 75% de l’ensemble des échantillons ne contiennent aucune molécule quantifiable et pour les 25% d’échantillons positifs, les analyses révèlent généralement la présence simultanée d’une à quatre molécules.
- Les molécules les plus fréquemment détectées sont l’époxycarbamazépine, la carbamazépine, l’oxazépam et l’hydroxyibuprofène. L’oxazépam retrouvé fréquemment, constitue à la fois une molécule mère et un métabolite de la famille des benzodiazépines.
- Les eaux brutes comptabilisent généralement un plus grand nombre de molécules que les eaux traitées.
- Les concentrations maximales en résidus médicamenteux retrouvées sont de l’ordre de 400 ng/L pour moins de 1 % des échantillons.
- Les concentrations cumulées mesurées en eaux brutes sont sensiblement plus importantes en eaux brutes qu’en eaux traitées. Toutefois, la majorité des eaux présente une teneur cumulée en résidus médicamenteux inférieure à 25 ng/L.
- Les concentrations cumulées en eaux brutes superficielles sont généralement supérieures à celles des eaux brutes souterraines.
- • Concernant l’origine de l’eau :
- Les molécules retrouvées dans les eaux traitées sont sensiblement les mêmes en fonction de l’origine de l’eau (eau souterraine ou eau superficielle). Néanmoins quelques différences sont observées :
- La caféine, choisie dans cette étude comme un marqueur anthropique est plus fréquemment détectée dans les eaux traitées d’origine superficielle.
- Les métabolites tels que l’époxycarbamazépine, l’oxazépam et l’hydroxyibuprofène sont les molécules les plus fréquemment retrouvées dans les eaux traitées d’origine superficielle.
- • Concernant la comparaison eaux brutes/eaux traitées, celle-ci suppose une meilleure efficacité des filières de traitement complètes mises en œuvre pour les eaux superficielles.
Pour accéder à la note de synthèse du rapport
Source : http://www.anses.fr/index.htm